Les cendres d’un feu sans flamme

L’écriture est une excavatrice qui creuse inlassablement en vous un puit sans fond, une plongée sans fin dans la jungle féroce des souvenirs. Et plus on s’y engouffre, plus on découvre de mystères jonchés le long de la conscience. Il arrive même que l’on déniche parfois quelques éclats rares et précieux de poésie, minuscule radeau de survie mental, barque insignifiante mais sûre pour traverser au quotidien une humanité en fusion.

L’écriture m’aura surtout appris à décortiquer mon âme et à répondre au mieux aux questions de nos fantômes et de nos démons intérieurs.  Je lui dois également un solide sens du combat.

La grande richesse, c’est d’être capable de percevoir toutes les nuances de la vie et de comprendre que le véritable charme, c’est ce qui reste après l’absence, quand la matière disparait pour laisser la place au vide immuable. La beauté n’est pas une vérité éternelle, elle peut parfois disparaître vivante sous nos yeux, ne laissant souvent qu’une aspérité indéchiffrable à la surface de notre mémoire. Dans cette espace éphémère qu’est la vie, les âmes seront toujours mises à rude épreuve et nous essuyons au quotidien les cendres de ce feu sans flamme.

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