
Ahmed Dich est un écrivain dont la trajectoire s’est construite en dehors des sentiers balisés de la littérature française. Son œuvre explore les tensions de l’âme humaine, les zones de silence et les marges, en cherchant à faire apparaître ce qui relie l’intime à l’universel. Ses textes interrogent la solitude, la filiation, la mémoire et les blessures invisibles, dans une recherche de justesse et de clarté.
« Quand l’animal est blessé, il n’est pas nécessaire de refermer la cage. Dans la souffrance, on perd avant tout le gout de la liberté pour se contenter de survivre. »
Auteur de sept livres — Ernest, Quelqu’un qui vous ressemble – un récit souvent considéré comme l’un des ouvrages les plus marquants sur l’immigration maghrébine en France dans les années 70 -, Un guide aveugle et fou, La Note pour les cannibales, Autopsie d’un complexe, Chibani, Quelques rêves incertains — ainsi que d’une œuvre poétique en vers et en prose, il développe une écriture traversée par une sensibilité constante aux failles humaines et à ce qui, en elles, résiste et se transforme. « L’époque ne maltraite pas seulement les hommes. Les mots aussi ont subi de sévères outrages, à force d’avoir été détournés, pillés, trahis, en toute impunité. »
Pour Ahmed Dich, l’écriture est un acte de foi :
« L’écriture est une excavatrice qui creuse inlassablement en vous un puit sans fond, une plongée sans fin dans la jungle féroce des souvenirs. Et plus on s’y engouffre, plus on découvre de mystères jonchés le long de la conscience. Il arrive même que l’on déniche parfois quelques éclats rares et précieux de poésie, minuscule radeau de survie mental, barque insignifiante mais sûre pour traverser au quotidien une humanité en fusion.
L’écriture m’aura aussi appris à décortiquer mon âme et à répondre au mieux aux questions de nos fantômes et de nos démons intérieurs. Je lui dois également un solide sens du combat. La grande richesse, c’est d’être capable de percevoir toutes les nuances de la vie et de comprendre que le véritable charme, c’est ce qui reste après l’absence, quand la matière disparait pour laisser la place au vide immuable. La beauté n’est pas une vérité éternelle, elle peut parfois disparaître vivante sous nos yeux, ne laissant souvent qu’une aspérité indéchiffrable à la surface de notre mémoire. Dans cette espace éphémère qu’est la vie, les âmes seront toujours mises à rude épreuve et nous essuyons au quotidien les cendres de ce feu sans flamme ».
Ahmed Dich