La lutte des casses

Un discours de guerre en temps de paix est le signe absolu de l’impuissance en politique. Le pouvoir n’a pas disparu, il a simplement changé de main, subrepticement, sans l’air d’y toucher et il semble désormais presque hors d’atteinte pour ceux qui en sont légitimes. On nous inflige au quotidien un pessimisme irrationnel et nous assistons à la défaite de la démocratie, qui n’aura finalement jamais été qu’un début d’idéal, souvent contrarié par la cupidité. La finance constitue le système vasculaire du Capitalisme, qui n’a alors nullement besoin d’un corps propre pour exercer son hégémonie. Dévoré par une voracité insatiable, ce Capital en appelle toujours au pouvoir pour valider ses desseins, qui deviennent alors des nécessités impérieuses pour la sauvegarde d’un modèle social honni. Molière avait raison : « Presque tous les hommes meurent de leurs remèdes et non de leur maladie ».

L’idée même de liberté n’est plus qu’un subterfuge pour continuer d’hypnotiser l’électeur. On nous prépare à affronter une tempête annoncée, préméditée. Inutile. Dans ce jeu de dupe, le président nous infligera jusqu’au bout sa traversée du désert, transformant l’Élysée en un tour-opérateur low cost, entraînant le pays en terre inconnue. La fierté nationale est lessivée et les Français en prennent pour leur grade, et pourtant il en faudrait peu pour remettre le pays sur pied.

On entend déjà au loin le tocsin ; espérons qu’il réveillera les consciences encore endormies par un confort à crédit.

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