Les chaînes invisibles

La vérité n’est jamais aussi éloquente que lorsqu’elle agonise sous le poids du mensonge, et plus on tente de l’effacer, plus elle irradie les consciences. Et même si elle est quelquefois douloureusement ignorée, elle ne laisse pas moins le soin à chacun d’être son propre censeur. Certains préféreront certes se réfugier dans un sophisme stérile, illusion d’une liberté d’expression qui n’a de sens que dans une vérité objective. Le mensonge est hélas un humus fertile dans lequel se sont nourries tant de légendes.

Nous vivons désormais l’ère du zapping, mais la compilation de concepts ne produit pas pour autant une pensée. Pour appréhender une vérité, il faudrait commencer par définir son contraire ; or, le verbe, à l’instar des Hommes, a été sacrément maltraité par l’époque, et l’on entend surtout des mots morts. D’ailleurs, ce ne sont plus des phrases, ce sont des cadavres qui jonchent nos conduits auditifs. Les livres et les journaux font presque office de linceul pour la pensée. Nous vivons le stade ultime du progressisme né de la Révolution française. Et l’on pourrait s’interroger sur la nature même de la Révolution, qui a fini par abattre une monarchie vieille de mille ans. Pourrait-on dire que les révolutionnaires étaient de furieux wokistes à leur manière ! Un wokisme suprême, et qui aura permis de faire couper la tête du dernier roi de France. Et que penser de la révolution bolchévique ! Lénine et sa bande ont fait table rase de la Russie millénaire pour imposer une idéologie purement matérialiste. Sacrifier les Romanov pour créer une société sans classe. Sans classe, certes, mais avec des esclaves. Par bonheur, les chaînes sont invisibles. C’est peut-être ça, la liberté : se contenter de la longueur de la laisse.

Ahmed Dich

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *